b. 1993, Metz
live and works in Paris






Texts





Quand je suis en présence d’une œuvre de Louise : je suis dans une grotte, je suis dans une boîte à chaussures, je suis au fond d’une chaussette, je suis à la surface de Vénus. Dans un creux quelque chose scintille. Prise dans l’inquiétude de toujours trouver quelque chose de précieux, je suis rassurée de ne rien connaître et de savoir que certainement tout m’échappe. Dans le noir je suis happée par une bête silencieuse et terrible qui me réconforte. Nous esquissons des mouvements silencieux, nos lèvres bougent, aucun son n’en sort. Nous disons toute l’histoire de ce que nous n’avons jamais vécu. Je n’ai jamais rien entendu d’aussi beau, on ne fait que grogner.

Dans cette minuscule faille ouverte par l’œuvre il y a tout, une étendue criante où je me sens partout sans jamais y pénétrer. Ici tout frémit devant moi et je frémis aussi.




Eloïse Froehly





Un bruit de crocs sec dans la prudenceInvisible, pas encore condensée depuis sa fuite originelle la forme tâche tout. Pas encore là déjà noire d'encre et rythmée comme la mise à mort d'un grillon sans médaille Les roues, tournent. Folles sur elles-mêmes comme des meules, par couple de deux entretoisées d'un os de bois. Dans le champ sec de cette humble mémoire le bistre patine le foin et autres périssables, tandis que les plastiques, êtres de surveillance depuis toujours continuent de trancher la lumière en courbes erotiques. On appartient aux poupées de phtalates et elles nous tiennent en laisse de nacre. Silence encore qui connaît le hurlement des ondes blanches, la symphonie chorale le bouquet exhaustif des fréquences audibles par l'humaine oreille. Avant que ne s'élève le son légitime du silence le ciel vient à craquer. Anticyclone perdu des terriens tu prendras bien au passage un flot de laudes a transmettre avant de t'enfuir ? Il ne dit mot et s'enfuit, laissant place à


Balthazar Heisch